Exploiter l'engagement public pour des essais sur la démence plus rapides et moins coûteux.

graphisme neuroscienceLes essais cliniques sur la maladie d'Alzheimer et la démence doivent être accélérés et plus rentables pour que les patients bénéficient des nouveaux traitements.

L'intérêt public dans la participation aux essais cliniques pour lutter contre la démence est de plus en plus grand à mesure que les gouvernements s'expriment plus ouvertement sur la nécessité de mettre au point des traitements. Un certain nombre d'organisations reconnues disposent de procédures éprouvées pour faire connaître les essais cliniques auprès des patients. Aux États-Unis, l'association Alzheimer Trialmatch et au Royaume-Uni, l'association Study Portfolio de l'UKCRN (United Kingdom's Clinical Research Network) permettent aux patients qui souhaitent participer à des essais cliniques de les trouver plus facilement, même si, dans le cas de la démence, la maladie peut être un obstacle quant à la capacité d'un patient à rechercher des essais, ce qui constitue une limite pour accéder aux traitements expérimentaux. Alors que la recherche se concentre sur la prévention de la malade d'Alzheimer, il est important d'inclure des personnes intéressées qui n'ont pas de symptômes de perte de mémoire.

Au moment où l'industrie travaille sur une détection plus précoce de la démence, nous prévoyons des essais avec un plus grand nombre de participants. Il a donc été nécessaire de porter une plus grande attention sur la constitution de registres de participants intéressés avant le déclenchement de la démence. Les volontaires indiquent les types de recherche qui les intéressent et reçoivent les informations utiles quant aux opportunités de recherche et aux découvertes récentes. Il existe un grand nombre d'exemples significatifs dans le monde, comme le Projet de prévention Alzheimer aux États-Unis. Au-delà de la constitution de registres, il existe des cohortes de profils individuels définis en termes de démographie, de performance cognitive et d'échantillons biologiques. Par exemple, on citera la cohorte FINRISK en Finlande et la Dementia Research Platform (UKDP) au Royaume-Uni. La UKDP, lancée en avril cette année, est un partenariat public-privé qui suivra pas moins de deux millions de personnes dans le temps. La base de données a été créée pour établir une fondation pour de futures études expérimentales médicales visant une détection précoce, un traitement et enfin la prévention des formes de démence.

Avec le développement de registres et de cohortes, il est nécessaire de disposer d'une plate-forme regroupant ces groupes en réseau de registres d'essais à travers le monde. L'an dernier, la New York Academy of Sciences et European Innovative Medicines Initiative (IMI) ont appelé à la constitution de registres plurinationaux pour accélérer le recrutement dans des essais cliniques.

Les avantages de ces « métabases » sont évidents et comprennent l'accélération du recrutement, la réduction des dépenses et des délais dans la conduite d'essais sur la maladie d'Alzheimer. Les entreprises prévoyant des essais cliniques pourront rechercher dans la base de données mondiale des patients correspondant aux critères du protocole et qui ont consenti à être contactés dans le cadre des études. À elles seules, les données de faisabilité rapides et précises issues de ces bases de données seraient inestimables pour la planification de futurs essais.

ll existe néanmoins de nombreux défis à relever pour développer un réseau mondial de registres. Trouver un équilibre entre la préservation de la confidentialité et la mise en contact des participants intéressés avec les organismes de recherche fait partie de ces défis. La confiance dans le mode d'utilisation de ces données personnelles est essentielle pour que le public participe. Au fur et à mesure du développement des biomarqueurs de risque, les protocoles autour de la gestion des risques et de la vie privée d'un individu devront être intégrés pour maintenir la participation aux registres.

Le financement des réseaux de registres internationaux est également un défi et les nouveaux mécanismes de financement devraient jouer un rôle important. L'infrastructure des bases de données et l'engagement public à travers la publicité, les centres de soins primaires et les médias sociaux auront un coût. Historiquement, les financements par l'industrie et le domaine public sont prédominants mais une portée mondiale signifie qu'il serait préférable que l'impact social soit appliqué au développement d'une infrastructure d'essais cliniques. Avec l'augmentation des financements issus du mécénat, nous pourrions voir un intérêt grandissant pour les essais cliniques afin de répondre à l'amélioration des soins, la gestion des symptômes non cognitifs et les résultats des soins.

Avec le développement des registres d'essais cliniques, nous verrons probablement l'émergence d'un moins grand nombre de sites avec des cohortes d'essais plus importants. Ceux qui disposeront de registres développés de telle sorte qu'ils permettent au secteur d'interroger la cohorte en fonction des critères pris en compte pour un essai spécifique rapide et précis seront naturellement choisis très vite pour les essais cliniques. Au-delà de la promesse d'un recrutement rapide, l'utilisation de quelques sites plus étendus permettra de disposer de données d'essais plus nombreuses et plus cohérentes.

Alors que la tendance se dirige vers de plus grands registres et des réseaux mondiaux, nous pouvons peut-être beaucoup apprendre des essais qui sont exactement l'inverse en termes d'échelle. Les programmes à succès visant au traitement de pathologies rares ont réussi grâce à des partenariats étroits entre des communautés affectées et des participants intéressés. L'engagement du patient est élevé et la tendance s'oriente vers quelques sites d'expertise pour la majorité des participants.

Pour obtenir des conseils sur l'utilisation des registres d'essais ou pour parler à un représentant de Covance, veuillez nous contacter.